Mon appareil principal depuis quelques années c’est le Nikon Zfc. Un mirrorless compact au style rétro, certes, mais c’est l’appareil du shooting chirurgical. L’appareil qui m’emmène dans un exercice cognitif constant pour maximiser chaque réglage, optimiser chaque paramètre pour tirer le maximum de chaque prise.
Sauf que parfois je n’ai pas envie de ça, parfois le prendre en main et connaître toutes ses capacités m’empêchent de le voir comme un simple outil. Lors de balades, réunions de famille, ou autres moments du quotidien, je ne le prend plus pour ne pas me surcharger, ni matériellement ni mentalement.
L’idée m’est venue donc de chercher un appareil compact en mode point & shoot : petit, passe-partout, plus minimaliste, et pas cher. Un appareil sans attaches que je pourrais trimballer en soirée, en festival, à la plage, sans cette petite voix intérieure qui me rappelle que j’ai du matériel ou toutes ces capacités à explorer.
À cela s’ajoute un autre aspect : passer des heures sur Lightroom à retoucher des photos était devenu parfois rébarbatif. Les ajustements de courbes, les corrections locales, les réglages fins de chaque couleur… tout ce travail de post-production qui suit chaque session photo finissait par me peser.
Avoir un appareil capable de produire des images SOOC (Straight Out Of Camera) personnalisables pour « des photos de tous les jours » seraient un atout. Les Picture Control Nikon permettent d’obtenir directement des JPEGs exploitables, avec un rendu qui me plaît, sans avoir à passer par la case Lightroom. Cela me permet de me concentrer sur l’essentiel : shooter, capturer l’instant, composer, observer.
Cette approche plus directe redonne du sens à l’acte photographique. Moins de temps devant l’écran, plus de temps derrière l’objectif.
Pourquoi le Nikon 1 V1 ?
Pour moi l’idée était d’avoir un appareil straight to the point, on le règle une fois, et ensuite je n’utilise que 2 boutons : allumer, shooter.
Initialement, je regardais du côté des Kodak Pixpro ou même du CameraSnap. Mais à force de réflexion, ça me paraissait dommage : le CameraSnap, c’est un capteur de téléphone déguisé, et Kodak n’a de nom que sa renommée sur cet appareil, le matériel n’est en fait que du chinois rebrandé.
C’est en fouillant et triant par prix sur MPB que je suis tombé sur le Nikon 1 V1. Je ne le connaissais pas, et il cochait toutes les cases : petit, léger, qualitatif, autofocus performant.
Le contexte rend cet appareil particulièrement intéressant : cette gamme a fait un peu flop chez Nikon à l’époque, non pas techniquement mais d’un point de vue financier et marketing à cause du mauvais positionnement de la gamme par la marque. La gamme « 1 » fut les débuts et premiers essais de Nikon dans le mirrorless de 2011 à 2018 avec un pricing similaire aux DSLR orientés pro mais des specs en deçà des attentes. Résultat : la gamme étant arrêtée les prix d’occasion ont énormément chuté. 250€ l’appareil et l’objectif sur MPB avec garantie d’un an, et on peut le trouver encore moins cher sur Vinted ou Leboncoin.
L’idée ici n’est pas de parcourir en détail les spécifications techniques du Nikon 1 V1, ça vous le trouverez facilement sur internet. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt de partager en quoi cet appareil me convient pour un usage de tous les jours, comment il s’intègre dans ma pratique photographique quotidienne, et pourquoi il répond parfaitement à ce besoin de simplicité que je recherchais.
Les gros avantages
- Petit et léger de par son capteur de 1 pouce
- Objectifs interchangeables et lumineux : l’objectif 18.5mm f1.8 (équivalent full frame 50mm) est parfait
- Ergonomie vraiment sympa : molette à la Canon pour faire défiler les réglages et les images, bouton de zoom agréable, menus plus intuitifs que les Nikon Dx/Fx/Z
- Look minimaliste et moderne qui passe partout
- Autofocus avec phase detect, très rapide surtout pour un appareil de 2010/2011
- Viewfinder EVF
- Allumage rapide
- Possibilité de faire du SOOC (Straight Out Of the Camer) JPEG avec Nikon Picture Control
- Montée en ISO plutôt bonne, mon mindset du moment c’est “embrace the grain” donc bon…


Quelques inconvénients
- Pas de molette dédiée au réglage de l’exposure compensation
- La molette de choix photo/vidéo/gif à l’arrière a tendance à être tellement souple qu’elle change de position toute seule, j’ai dû mettre un scotch gaffer dessus pour forcer et bloquer la position photo
- Une preview automatique de 1s à chaque photo prise, que l’on ne peut désactiver
- Pas d’objectif équivalent 35mm disponible. Le 10mm fait équivalent 27mm, un poil trop large pour moi, et surtout avec une ouverture moindre (f2.8)
- Pas de possibilité de personnaliser le nom des fichiers RAW/JPEG

Ma configuration Point & Shoot
Voici comment j’ai configuré l’appareil pour l’utiliser en point & shoot :
- Mode PSAM : P (program)
- ISO : Auto ISO 3200
- AF : AF-S single point
- Qualité image : NEF + JPEG
- Shutter : mechanical
- White balance : auto ou nuageux (pour une touche chaude)
- Single Frame
- Matrix metering
- Active D-Lightning off
- Noise Reduction off
- Face-detect off
- AF assist off (retire la lumière d’assistance de focus)
- Picture control : Kodak E100 VS ou T-MAX 400
- AE/AF-L button : AE lock only
- Shutter button AE lock off
Quelques exemples
En N&B
J’utilise plutôt le N&B pour les balades, en mode « street photography« .












En couleurs
J’utilise beaucoup le profil de couleur « Kodak E100VS » mais plutôt sur les évènements familiaux, je n’ai donc que peu de photos sans visages à partager :










Le Nikon 1 V1 m’a permis de retrouver le plaisir de photographier sans me prendre la tête. Pas de course aux réglages parfaits, juste capturer des moments. Et finalement, c’est peut-être ça, revenir à l’essentiel.

