Je ne me suis jamais fixé de bonnes résolutions en début d’année. Elles surviennent plutôt en cours d’année, que ce soit par courage de changer comme arrêter de fumer ou par opportunité d’une nouvelle position dans l’entreprise. Je me fixe souvent des objectifs sportifs, mais ils sont davantage liés à une performance personnelle qu’à un jalon annuel.
Mais cette année ce ne sont pas vraiment des résolutions que j’entrevois mais un blueprint. Une ligne directrice que je veux me fixer pour m’inciter à aller vers ce qui sera le mieux pour moi.
À l’instar de l’arrivée du smartphone qui a bouleversé nos usages et fait exploser le digital, l’IA est aujourd’hui aux prémices d’une révolution qui va remettre en jeu beaucoup d’acquis dans notre société. C’est cette pensée qui me titille depuis quelques mois et que je souhaite mettre en musique en 2026 : à l’ère de l’IA, il faut se recentrer sur l’humain.
Cet article n’a d’autre ambition que de partager ma vision personnelle et professionnelle de l’année à venir. Un blueprint au cas où je me perdrais en cours de route, un phare dans les moments de brouillard. La vie n’est qu’adaptabilité et je n’aurai peut-être pas l’occasion de réaliser tout ce que je veux, mais ce n’est pas le but. Chaque « résolution » n’est pas un objectif à atteindre en soi mais un vecteur qui indique une direction dans laquelle je souhaite engager des activités qui auront du sens.
Faire revivre ce blog
J’ai grandi dans les forums et les logiciels open source, où l’information était gratuite et où l’échange primait. Aujourd’hui, internet est encore plus vaste et central dans nos sociétés. Jamais l’information n’a été aussi omniprésente. Tout comme la désinformation d’ailleurs.
Désormais les médias les plus populaires sont les réseaux sociaux, les vidéos et l’IA conversationnelle. L’information est devenue si vitale qu’elle est désormais monétisée implicitement via ces plateformes. Et clairement, cela me dérange.
Cela me dérange parce que chercher une information, un tutoriel, une anecdote, un benchmark ou une review devient une perte de temps et d’énergie. Les vidéos durent une éternité pour maximiser le temps de visionnage et donc la rémunération. Les réseaux sociaux nous entraînent dans des spirales infernales avec des commentaires inconstructifs et une aspiration de notre quota de concentration. L’IA agrège et recrache toutes ces informations, mais il faut encore vérifier les sources pour se forger un réel avis car on ne sait pas quel est son biais.
De plus l’IA s’auto-alimente : si tous les sites utilisent l’IA pour produire de l’information et que les LLMs s’en nourrissent, on va lentement glisser vers La Théorie de l’Internet Mort.
Je ne suis pas contre ces médias, au contraire j’en consomme tous les jours. Mais leur surconsommation pour ma part commence à me gêner.
Comme disait Gandhi (et aussi parce que donner une citation dans son argument donne toujours l’impression d’avoir raison) :
Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.
Et dans ce sens, je trouve que les blogs peuvent redevenir les meilleurs médias pour partager de l’information de manière efficace et authentique. Un article de blog va droit au but. Il respecte le temps du lecteur en lui donnant accès à l’information sans détour, sans obligation de scroller sans fin ou de subir des algorithmes intrusifs.
Les blogs remettent de l’humain au cœur du partage d’information. Chaque article porte la voix de son auteur, son point de vue, ses nuances, son expérience personnelle. C’est cette subjectivité assumée qui enrichit le débat et permet aux lecteurs de se forger leur propre opinion, plutôt que de consommer passivement du contenu standardisé généré en masse.
Les blogs offrent aussi un espace de réflexion plus posé : contrairement aux commentaires impulsifs des réseaux sociaux ils invitent à des échanges plus construits, plus réfléchis. Ils permettent d’approfondir, de contextualiser, de prendre le temps d’argumenter.
Disclaimer : j’ai utilisé l’IA de Notion pour relire et corriger cet article. Le fond de ce contenu et son humanité reste le plus important, et c’est justement tout mon propos.
La photographie autrement
Depuis 2023, j’ai progressivement perdu ma passion pour la photographie. La photo était pour moi un moyen de vivre des aventures, de sortir et de capturer le plus beau cliché. Mais au fil des années, la flamme de cette chasse aux moments s’est doucement éteinte. Je n’ai pas totalement arrêté, mais l’envie de partir à la recherche d’images a disparu. Je me suis retrouvé sans idées de quoi photographier. C’est un constat que je ne regrette pas : cet appel d’air a déclenché de nouvelles passions comme le jeu de rôle avec Donjons & Dragons.
Mais 2025 marque un nouveau chapitre important de ma vie : je suis devenu père. Par instinct, ma passion pour la photographie est revenue avec ce besoin irrépressible de documenter cette nouvelle vie, d’immortaliser ces instants si précieux où le temps glisse entre nos doigts.
Avant, je partais à la chasse au cliché instagrammable. Je mitraillais avec le gros appareil, je passais des heures à trier et retoucher pour glisser ma patte artistique sur le cliché final avant de le partager. C’était souvent plus d’heures derrière un écran que derrière le viseur.
Aujourd’hui je vois les choses autrement et je souhaite les vivre autrement. J’en ferai sûrement un article dédié mais l’achat d’un Nikon 1 V1, un appareil de 2010 totalement obsolète qui n’a jamais réussi à percer le marché, m’a insufflé cette envie de faire différemment de ce que je connaissais. L’appareil est configuré en point & shoot, j’ai configuré les couleurs à mon goût pour sortir des JPEG sans retouches. Assez compact il est toujours avec moi ou simplement près de moi quand je reste à la maison.
Désormais, je ne cherche plus le plus beau cliché : j’immortalise les moments qui me touchent. Je me concentre sur la composition, la lumière et l’émotion plutôt que sur le piqué de mon objectif. Je souhaite continuer sur cette voie qui résonne davantage en moi en ce moment.
SEO, AEO et GEO
Google a défini les standards du SEO actuel, ou du moins dicté la façon dont il est implémenté sur tous les sites. Avant, pour être visible, il fallait figurer en première page des résultats de recherche donc adapter son site et son contenu aux algorithmes de Google pour décrocher la meilleure place, quitte à hacker un peu le système. Cela s’est fait petit à petit. Au fur et à mesure que le web a évolué, les algorithmes de Google ont changé. En divulguant les règles du jeu, ils ont shapé la façon dont les sites allaient se développer pour se plier à ces standards.
Google va être remplacé par les IA conversationnelles. ChatGPT, Gemini, Perplexity et autres sont déjà largement utilisés par le grand public pour répondre à des questions basiques et accéder aux contenus des sites web. Lentement mais sûrement, le trafic des moteurs de recherche vers les sites va décroître au profit des LLMs, qui deviendront les premiers relais d’information.
Mais pour l’instant, c’est le Far West total. Là où Google dictait les règles du jeu, il n’y en a pas encore pour les LLMs. L’IA avale l’information et la recrache à sa façon, chaque moteur est une boîte noire. Alors comment maîtriser la façon dont les sites sont ingérés ? Comment adapter son contenu pour transmettre les bonnes informations selon les différents contextes auxquels les LLMs seront confrontés ? L’IA répond désormais à des questions très précises et ultra-personnalisées pour l’utilisateur final mais comment s’assurer qu’on adresse ces persona ? Peut-on savoir quelle image de marque est comprise et véhiculée par l’IA ?
Tous ces défis sont nouveaux et relèvent de l’AEO (Answer Engine Optimization) ou du GEO (Generative Engine Optimization). Les standards n’existent pas encore. Des usages et des technologies commencent à se démarquer, mais tout reste à construire !
L’année dernière j’écrivais un article sur le futur de Drupal, me permettant d’introduire la Content Supply Chain. Plus largement au-delà de Drupal, d’un point de vue gestion de contenu au global peu importe le CMS choisi, les grandes entreprises doivent faire face à cette explosion des contenus au travers de multiples médias et canaux. La meilleure façon de relever ce défi est d’industrialiser les processus de création et d’optimisation des contenus tout en gérant leur cycle de vie, grâce à une chaîne de valeur claire et des outils adaptés.
L’un des points d’entrée vers cette chaîne de valeur passera probablement par le besoin d’adresser l’AEO/GEO. Je suis enthousiaste à l’idée de me pencher sur ce sujet chez Capgemini et de participer à l’élaboration d’outils et de processus permettant aux équipes marketing d’adresser ce type de challenge pour contribuer à ce qui sera peut-être l’état de l’art de demain.
Continuer ce qui me plaît
Bien évidemment je me souhaite de continuer à cultiver ce qui me passionne et me construit au quotidien.
Être papa est ma priorité absolue pour les années à venir : accompagner mon enfant dans ses découvertes, capturer ces moments précieux et construire ensemble notre histoire familiale.
Le jeu de rôle en tant que Maître de Jeu continuera de nourrir ma créativité et mes amitiés, offrant ces soirées où l’imaginaire fantastique prend vie autour d’une table.
Le brassage de bière et la cuisine resteront ce terrain d’expérimentation où science et plaisir se rencontrent.
Le sport restera toujours un défouloir, un moyen de canaliser mon énergie et de me dépasser. Même si j’ai tendance à vouloir aller trop vite et à subir en conséquence de légères blessures, je vois désormais les choses sur le long terme : l’objectif final est d’être suffisamment fort et en forme pour ma famille dans la durée.
Et bien sûr je continuerai à suivre l’évolution des technologies qui façonnent notre monde, non pas uniquement par curiosité professionnelle, mais parce que cela fait partie de qui je suis.

